HtmlToText
← articles plus anciens 03 juin 2013 le psy qui murmure à l’oreille des entrepreneurs après une double vie de banquier le jour et de psychothérapeute le soir, matthieu langeard est devenu un spécialiste de la psychologie entrepreneuriale. avec une méthodologie iconoclaste. matthieu langeard, avec son faux-air de hugh grant, se définit volontiers comme un agent double du capital-investissement. le métier de ce psychothérapeute de formation ? « fournir le mode d’emploi de personnes atypiques, les entrepreneurs, à des individus très normés et normatifs, les investisseurs ». un truchement délicat entre « deux mondes pas forcément cablés pour se comprendre ». mais dont la collaboration est bien souvent nécessaire pour la réussite de l’un comme de l’autre. aujourd’hui, dans cet hôtel près de la concorde, à paris, matthieu a rendez-vous avec olivier, un entrepreneur. ce chaleureux nantais de 35 ans, vient d’inventer le code-barres intelligent, capable de contrôler la chaîne du froid de n’importe quel produit transporté. des questions… sur le journal créé au collège par l’entrepreneur simple consultation ? non, matthieu est missionné par le fonds d’investissement starquest capital pour évaluer les risques et le potentiel entrepreneurial d’olivier, l’entrepreneur à qui ils vont apporter 250 000 euros en capital. si matthieu met son feu rouge, le fonds n’investira pas dans la société. « il a un vrai droit de véto sur le créateur d’entreprise », assure arnaud delattre, le co-fondateur de starquest capital. pendant les 3 heures d’entretien, olivier, plutôt surpris, ne parlera pas de sa société mais de son enfance, du divorce de ses parents ou encore… du journal sportif qu’il a créé au collège ! « je n’avais jamais parlé de cela avant, glisse-t-il incrédule, tout le monde s’en contrefiche habituellement ! » sur son rapport, matthieu langeard indiquera : « l’appareil à générer et transformer des idées est en place depuis longtemps. » « se tromper sur l’homme est irrémédiable » pour emmanuel gaudé, l’autre fondateur de starquest capital, ce rapport est une mine d’or indispensable dévoilant l’épaisseur humaine de l’entrepreneur sur lequel il s’apprête à miser. et pour cause : « on peut se tromper sur le marché ou le produit, c’est rattrapable, mais quand on se trompe sur l’homme, c’est irrémédiable ». cette faculté d’accoucheur d’âmes d’entrepreneurs, matthieu langeard la tient de la double vie qu’il a menée il y a une dizaine d’années : banquier le jour, psychothérapeute le soir. de simple guichetier en banlieue nord de paris, il devient gestionnaire de fonds. avant de se rendre compte de cette contradiction : l’humain est le facteur essentiel de la réussite d’un projet mais personne n’est prêt à investir en méthodologie sur le sujet. les chiffres du tableur excel et le flair faisant foi. un déclic. des « fans d’entrepreneurs » la méthode qu’il a conçue réjouit pleinement les associés de starquest capital qui exhortent tous leurs porteurs de projet à passer par l’examen préalable de ce psy pour entrepreneur. « il a mis le doigt sur des points de vigilance dans mon équilibre personnel », se satisfait olivier rayant. mais aussi sur des éléments plus surprenants, comme la boucle d’oreille que porte l’entrepreneur depuis l’âge de 14 ans ! « elle illustre tout ce que l’on aime et ce que l’on recherche, affirme matthieu langeard, elle caractérise un homme assumé qui a plaisir à être lui-même tout en reconnaissant et créant son côté atypique ». avant d’ajouter : « cette boucle d’oreille, c’est la raison pour laquelle on est fan d’entrepreneurs ». publié dans economie | un commentaire 21 mai 2013 pourquoi forrest gump est-il un entrepreneur ? qu’est-ce qu’entreprendre ? la réponse avec forrest gump qui revêt tous les codes de l’entrepreneur, lors de sa course de plus de 3 ans à travers les etats-unis : insouciance, optimisme, dépassement de soi, obstination, force de conviction… une véritable allégorie. <iframe src= »http://player.vimeo.com/video/66577400′ width= »500′ height= »367′ frameborder= »0′ webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe> <p><a href= »http://vimeo.com/66577400′></p> publié dans economie | marqué avec entrepreneur , forrest gump | un commentaire 17 mai 2013 roger beille, l’autodidacte haut en couleur à la tête de cash express de cheminot à patron d’une enseigne qui ouvre son 100e magasin. découverte des vies de roger beille, le fondateur de l’enseigne cash express. entrepreneur dans la vie mais surtout de sa vie. roger beille, chemise déboutonnée, le torse bronzé en évidence, est un patron iconoclaste. a 62 ans, il inaugure, ce 17 mai, en martinique, le 100 e magasin cash express , l’enseigne d’achat-vente d’occasions qu’il a créée 10 ans plus tôt. une réussite qui vient ponctuer un parcours tumultueux, dont il a grandement dessiné les contours. plus jeune cheminot de france de son enfance « ouvrière mais heureuse » de palau-del-vidre, à 20 km au sud de perpignan, roger beille garde le souvenir du « sarrous », le souper qu’il apporte dans un panier en osier à son père, cantonnier le jour et veilleur de nuit le soir. premier de sa classe, il est soudainement contraint d’arrêter l’école à 14 ans à cause d’une crise d’épilepsie et du lourd traitement associé. « le premier cachet que j’ai pris, j’ai dormi trois jours », se rappelle roger beille, la voix rauque et l’accent ensoleillé. son oncle lui trouve alors un premier boulot d’apprenti dépanneur de télé-radio. a 18 ans, le vent d’indépendance de l’adolescence le pousse à quitter ses plaines du roussillon pour rejoindre la région parisienne et la sncf, où il devient le plus jeune cheminot de france. 1969 à paris. « des années extraordinaires, le sida n’existait pas… », glisse malicieusement roger beille, l’œil complice. révolutionnaire, anarchiste, militant à lutte ouvrière aux côtés d’arlette laguillier, notre futur patron rencontre alors une jeune étudiante qui va bouleverser sa vie. « ses amis parlaient de sartre ou de nietzsche à la maison… j’étais un ignare complet face à eux ! » s’aperçoit, complexé, roger beille. elle le pousse donc à reprendre ses études à la faculté de jussieu. résultat : il obtient le bac à 25 ans. paradoxalement, ils se sépareront quelques temps après. un autodidacte à l’ascension fulgurante roger beille ne croit pas au hasard. quand il entre dans la grande distribution en tant que stagiaire chef de rayon chez métro, le grossiste des professionnels, il sait qu’il a le commerce dans l’âme. son ascension est fulgurante : en une dizaine d’années, il devient directeur d’un des plus importants monoprix de france. en 1990, sa soif de liberté l’amène à racheter pour le franc symbolique un supermarché lourdement endetté d’ille-sur-têt, théâtre de la vénus d’ille de prosper mérimée, dans sa catalogne natale. quatre ans plus tard, roger beille revend quelques millions d’euros un magasin métamorphosé dont le chiffre d’affaires a triplé. « mon objectif n’était pas d’être le plus riche du cimetière », plaisante-t-il. a 47 ans, roger beille s’octroie ainsi trois ans de vacances. « ne rien faire prend un temps fou ! » assure ce passionné d’histoire, d’œnologie ou de littérature. comme une revanche sur la vie, il abreuve sa soif de culture par montaigne, chateaubriand ou pascal. avant de remettre la main aux affaires, fortement poussé par sa famille. se relever encore et toujours une véritable claque : son projet faramineux de pressing discount à perpignan -500 000 euros d’investissement – prend l’eau. ironie de l’histoire, c’est à son tour de vendre son entreprise l’euro symbolique, un an et demi après sa création. « j’étais dans une spirale de réussite, rien ne pouvait m’arriver, avance-t-il, mais l’échec fait avancer car il rend lucide. » grand optimiste, roger beille se remet en selle en devenant franchisé cash converters, un des pionniers de l’achat-vente de produits d’occasion. en 2000, la société qui gère l’enseigne dépose bilan. qu